Station du Mont Lozère – Le Pont-de-Montvert

Chemin de Stevenson 2011

À mon réveil, de longues écharpes de brumes parcourent le Mont Lozère. La lumière change très vite et il faut être réactif pour en saisir tous les effets sur le paysage.

L’étape débute par une rampe qui emprunte les pistes de la station avant de se poursuivre dans des drailles.

Un panneau déconseille aux randonneurs de se rendre au sommet par temps de brouillard, comme c’est le cas, j’entame aussitôt la descente vers le Pont-de-Monvert.


La lumière est crépusculaire et les chaos de blocs de granit gris qui dévalent les pentes sont teintés de bleu.

Plus bas, je traverse une exploitation forestière entre des murailles de troncs d’arbres empilés, impressionnant.

Juste avant le hameau de Finiels, alors que je suis pratiquement à l’arrêt, un “clac“ presque sonore me transperce le mollet gauche.

J’espère que ce n’est qu’une petite déchirure. Je continue en boitillant, un peu inquiet, mais la douleur (bien que persistante) s’atténue.

Le chemin, agréable car la pente est douce, s’insinue entre de gros blocs de granit affleurant.

Puis les petits bois de hêtres refont leur apparition.

Encore plus bas, je m’offre le portrait d’une demoiselle bien encornée. Mheuuurci la vache !…

Juste quelques mots pour apporter une explication à ceux qui s’étonnent que j’aime voyager à pied tout en détestant la randonnée. Je crois avoir enfin compris ce qui me motive dans un cas et ne m’attire pas dans l’autre. La randonnée, c’est comme lire un roman policier dont on connaît le coupable (on sait qu’en fin de journée, on retrouvera son véhicule sur le parking d’altitude pour retourner chez soi). Avec le voyage à pied, on se lance dans une véritable aventure dont on ne connaît rien, comme dans une première lecture de thriller. C’est cette envie de découvrir ce que cache le prochain virage qui, personnellement, m’a donné le goût des grands chemins. Si je n’avais la curiosité comme moteur, s’il n’y avait pas toutes ces inconnues à révéler, me connaissant, je resterais chez moi…

Huitième étape, Mardi 1er novembre, Le Pont-de-Montvert – Cassagnas, 19km


5 Réponses pour “Station du Mont Lozère – Le Pont-de-Montvert”

  1. JEAN — 1 novembre 2011 @ 9:40

    Ah c’est sûr tu es un photographe! En plus d’un bon marcheur, un vrai régal tes photos. Cela donne envie de te suivre mais en moto electrique pour pas faire de bruits, à pied j’en suis bien incapable.
    Felicitations aussi pour le reportage, la colorimetrie est parfaite, et le texte fourni. Quel appareil as tu pris le x100?
    Comment vont tes pieds et le mollet? La tête ça va bien,
    allez un effort de plus! Ramasses quelques cèpes.
    Amicales pensées
    Jean

  2. Daniele — 1 novembre 2011 @ 15:40

    Salut Jacques,

    De Pèterenard sans internet, je n’ai pas pu suivre ton périple; session de rattrapage obligatoire en ce 1è novembre donc.
    La nature est bien belle meuh celles que je préfère ce sont les
    vaches. Comment va ce mollet, pas trop claqué ?
    Bon courage pour les derniers jours,
    Daniele

    J’en profite pour faire une bise à Denis et Manon en passant…

  3. Jaime — 1 novembre 2011 @ 16:46

    Hola.
    Excelente travesía y magníficos paisajes fotografiados!
    A bientôt!

  4. Cécile — 1 novembre 2011 @ 17:48

    Bonjour Jacques
    Ainsi chemine le pèlerin… Qu’il soit de Stevenson ou de Santiago, son chemin emprunte les pas de ceux qui l’ont devancés pour proposer un nouveau regard en accord avec son temps. Quel oeil Maestro ! J’imagine d’ici le son des gouttelettes de la brumes qui glissent sur ton poncho et la voix de la nature qui nous chuchote : « regardez comme je suis belle, regardez ce que vous perdrez… »
    Buen Camino de Barcelona
    Cécile

  5. plata — 22 juin 2017 @ 14:13

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