Une étape courte et sans dénivelé de 20,6km, juste de quoi se remettre en douceur sur le Chemin.
J’oublie vite Ayegui, faubourg d’Estella, pour atteindre Irache, son monastère et sa cave du même nom. L’endroit est connu de tous les pèlerins de Saint-Jacques pour proposer une fontaine à vin en accès libre. Je ne déroge pas à la tradition et me penche sous le robinet…
Et me penche, oui, oui, oui, et me penche, non, non, non, et me penche sous le robinet… Deux gorgées pour juger la cuvée et je me remets en route.

Le ciel est chargé de nuages menaçants mais il fait frais, un temps idéal pour marcher. Entre Azqueta et Villamayor de Monjardin, au bord du sentier, je découvre la Fuente de Los Moros, un édifice gothique qui abrite une citerne au bas d’un escalier raide.

Il est 10h00 quand je choisis de faire halte pour casser la croûte. Décision opportune puisqu’un orage éclate, brutalement et bruyamment. Je me réfugie dans le bar local pour prendre le temps de savourer un “bocadillo de jamon y caña“, un grand classique. Quand la pluie cesse enfin, il est 11h00, je redémarre.
Demi-heure plus tard, rebelote, je n’ai pas d’autre solution que d’enfiler mon poncho et de rentrer la tête dans les épaules, la foudre frappe deux fois à moins de 500 mètres. Impressionnant, mais n’ayant aucune possibilité d’abri, je continue.

Il n’est pas 14h00 quand j’entre dans le centre historique de Los Arcos.
Patrick m’a demandé de vous décrire l’ambiance dans les auberges espagnoles. Tout d’abord, je confirme, vous n’y trouvez rien de plus que ce que vous y apportez. Ensuite, si je prends l’exemple de celle d’aujourd’hui (72 places en chambres de 4 ou en dortoir – 4€ la nuitée), c’est propre mais c’est aussi confort minimum. S’il me fallait résumer, je dirais que ça me rappelle les chambrées de l’armée. Et l’ambiance est au désoeuvrement. Certains sont partis découvrir le patrimoine alentour, mais la plupart traînent sur leur lit, soignent leurs bobos, dorment, lisent ou écrivent, jouent aux cartes, se rassemblent par communautés. En fait, j’ai l’impression que, à l’écart du Chemin, le marcheur s’emmerde un peu…

Puis arrive l’heure du repas. Quelques-uns s’organisent en groupes et cuisinent, la majorité s’offre un menu “pèlerin“ à 9/10 euros.
Enfin, parce que le pèlerin se lève tôt (surtout en Espagne où il n’y a pas de possibilité de réservation des lits, donc c’est un peu la course), tout le monde se couche vers 22h00.
Et là, c’est chaque soir la grande loterie. Avec un peu de chance, vous tombez dans une chambre sans ronfleur et vous passez une nuit correcte. Mais vous pouvez, aussi, vous retrouver dans un dortoir de 30. Il est, alors, extrêmement rare qu’il n’y ait pas quelques moteurs diesel dans le lot. La situation devient binaire, il y a ceux qui dorment comme des bébés (vous les entendez distinctement et régulièrement), et ceux qui passent leur nuit à se retourner sur leur matela.
Mardi, 26 mai 2009, trente-neuvième étape.
Los Arcos – Logroño
28,8km, 7h15 de marche.

Bonjour
Cela fait une semaine que nous suivons votre périple, merci de nous faire rêver avec vos photos et vos récits.
Les échanges entre résidents vont bon train, certains ont reconnu des lieux et se souviennent du temps où eux mêmes accueillaient ou donnaient à boire aux Pèlerins.
Désormais le rendez vous de 11h00 pour la suite de votre aventure est attendu avec impatience!
Bon courage et bonne continuation…
A bientôt
Sandrine, l’Animatrice
Hello boy,
I catch up on you…Tu trottes, tu trottes. Nous autres lièvres, avons du mal à te suivre… Tes photos sont belles et rafraîchissantes.
bises
une daniele qui dort debout
Bonjour Jacques,
je suis ce soir à… 10 kms de Santiago… Demain : la place de la cathédrale.
Je decouvre avec bonheur ton périple et tes images.
Pour moi, le Chemin du Nord et le camino Primitivo constituent de bien belles aventures : océan sauvage et fort, montagnes pentues et si perdues… Pas beaucoup de pèlerins et pas de Francais… Voilà qui donne au chemin un autre caractère.
Bon camino à toi
je t’embrasse et à bientòt sur ton blog.
Et Bises aux pèlerins que nous avons croisés ensemble… Daniele, Manon et Denis, Eric… etc…
Catherine
Bon retour en Franche-Comté.
On reste en contact.
Bises.