Je suis déjà sur le pont qui enjambe le rio Carrion quand sonnent 6 heures. Il fait encore nuit, je distingue mal les balises, mais un couple d’Allemands me double et je décide de le suivre.
Il fait plutôt frisquet et je marche, les mains dans les poches, pour tenter de me réchauffer. La Meseta est toujours aussi plane, aussi monotone et j’enchaîne les pas mécaniquement.

Au bout de 3h30 (j’ai couvert 16,8km) et, toujours pas réveillé, j’entre dans le bar de Calzadilla de la Cueza. Je reconnais, attablés, tous ceux qui m’ont dépassé sur le Chemin. Comme il n’est pas dix heures et que les possibilités de distraction offertes par le “pueblito“ sont nulles, je décide de pousser jusqu’à Sahagun (24,3km). Le ciel est couvert, l’orage menace, le soleil reste discret, c’est la journée idéale pour s’éloigner de ces paysages sans surprise.

Toujours en père peinard, sans forcer le rythme, je dépasse Ledigos, Terradillos de los Templarios, Moratinos pour atteindre San Nicolas del Camino. Il est 14 heures et la fatigue commence à se faire sentir. Je profite d’une auberge pour avaler un plat de macaronis et d’excellentes “albondigas“. Une heure de repos, le plein de sucre lent effectué, c’est juste ce qu’il me fallait pour terminer l’étape.

Demain, j’essaierai d’ajouter 37,4km aux 41 d’aujourd’hui, avant de lever le pied dimanche, puis de profiter d’une journée de repos, lundi, dans la belle ville de Leon.
Clin d’œil : Bon anniversaire petit frère.
Samedi 6 Juin 2009, quarante-neuvième étape.
Sahagun – Mansilla de las Mulas
37,4km, 9h30 de marche

Cher Jacques, ce matin je t’ai lu avant de me rendre au travail, j’ai ressenti une petite nostalgie à voir ces endroits où j’ai marché et où je me suis sentie si libre… Tu m’épates de parcourir ces longues distances sans bobo… Pour ma part, je garde de bons souvenirs de la Meseta. C’est vrai que pour un boulet c’est sans doute plus facile d’avancer..
Je te lis avec plaisir et un peu d’envie…
Profites bien de Leon! Bisous! Manon.
Hombre !
Impressionnante performance comme diraient les anglais.
Je suis admirative; et bluffée par l’(apparente) aisance que tu mets à le faire.
Cela me renvoie à ma propre envie de faire ce chemin comme toi en continu…un jour !
Chaque jour te rapproche un peu plus sûrement de l’objectif final. Tu tiens le bon bout.
Chloé bluffée aussi se joint à moi pour te faire de très grosses bises.
Ola le Jacquet, 41 bornes dans la journée, on ne t’arrête plus. Je suis admiratif et envieux. Après le temps de la découverte puis d’une certaine routine, j’ai l’impression que marcher devient maintenant un besoin (souvent décrit par les gros marcheurs). Et en plus, tu trouves le temps de faire ton reportage. Châpeau.
A demain.
Sincèrement, je ne penses pas devenir un gros marcheur…
Je souhaitai, surtout, sortir rapidement de la zone dangereuse tant que le temps frais le permettait.
Je vais maintenant rentrer dans le rang et, à part une étape de 36, mardi, je suivrai les étapes du guide pour finir tranquillement.
La Galice est, sûrement, la partie la plus photogénique du parcours espagnol et je compte en profiter.
Merci pour tes messages.
Amitiés.
Si Chloé doit être bluffée, c’est plus de la tenue quotidienne du blog que d’une quelconque performance physique.
Si elle voit ce que je veux dire…
Merci pour vos bises et pour vos nombreux messages qui me soutiennent psychologiquement sur le « Chemin ».
Bises.
Merci petite Manon pour ton message.
Je suis aujourd’hui à Leon et j’entends bien en profiter.
Ceci étant dit pour que personne ne se m’éprenne, je n’ai pas rencontré de pèlerin qui se prénomme Leon.
Bisous à vous deux et à tous les Québécois qui me suivent (les connexions sont nombreuses depuis la belle province).
Merci à tous.