L’influence Atlantique est perceptible dès les premières lueurs du jour, O Cebreiro est emmailloté dans un épais brouillard.
Je pourrais être en Bretagne, en Irlande ou en Ecosse, je suis en Galice.
Partant d’un point haut (1300m), je vais devoir descendre toute la matinée pour rejoindre le village étape (665m), au fond de la vallée de l’Ouribio.

Premier pèlerin rencontré sur le Chemin, celui qui, statufié, marque le col de San Roque. Un court arrêt pour fixer son effort dans la tourmente et je reprends ma descente et traverse, dans une brume cotonneuse, les hameaux de Hospital de Condesa, Padornelo, Fonfria, Biduedo et Filloval. Pour tout vous dire, je n’ai pratiquement rien vu du paysage alentour (la visibilité maximale étant réduite à 50 mètres) mais ces ambiances étaient particulièrement photogéniques.

Vers 16h00, le soleil daigne enfin se montrer et réchauffer l’atmosphère. Je profite de l’après-midi pour visiter le monastère bénédictin de San Julian de Samos.


Cet édifice, dont la fondation remonte au VIème siècle, vaut surtout le détour pour ses dimensions imposantes.
Mardi 16 Juin 2009, cinquante huitième étape.
Triacastela – Sarria
18,5km, 4h45 de marche.

Ah, superbes ces photos dans la brume, on ne se croirait pas en Espagne au mois de juin!
Bon sang, mais tu y es presque!
Mon bon frère Jacques,
Nous les Montagnards, nous aimons le goût de l’effort, aussi je ne peux que m’incliner devant « le marcheur photographe franco-espagnol ».
Peut être qu’un jour tu pourras rejoindre notre confrérie?
Certes, il te faudra marcher davantage et parfois grimper de hauts sommets.
Moi-même je me souviens, après de nombreux jours d’âpre randonnée, être parvenu au sommet du Pibeste et avoir vaincu l’un de nos plus beaux pics Pyrénéens.
Je suis sûr que toi aussi, frère Jacques, tu y parviendras un jour ;
Si dieu le veut (demain, je dois me rendre à Lourdes pour livrer quelques fantaisies biscuitières et j’allumerai un cierge en ton honneur…alleluïa !).
Bises
Frère Georges