Comme tous les vendredis, une “entrevista“ est programmée sur la radio espagnole Ondacero. Mais aujourd’hui, mes amis m’ont promis de se déplacer jusqu’au Somport pour m’accueillir. Trop sympas ces Aragonais.
La météo annonce de la neige à 1200m. Il pleut déjà sur Urdos quand je quitte l’hôtel des voyageurs. Je suis attendu à 11h30, il est 8h15, j’enfile ma cape et au boulot.
Après 5km d’asphalte, aux abords de l’ancienne auberge du Peilhou, je retrouve le sentier en sous-bois. Surprenant, de petits buis tapissent le sol, on se croirait à la Réunion si la température n’avoisinait pas les 5 degrés. Le Chemin monte régulièrement, j’enjambe plusieurs ruisseaux qui descendent en cascade, la brume tamise la lumière, c’est magnifique.

J’ai choisi de faire l’ascension en musique. Et entre Barthold Kuijken et Diego el Cigala, se glisse Marcel Amont (je sais, j’ai des goûts très éclectiques) qui me chantonne “Joli moi de Mai“. Que de coïncidences! Marcel est peut-être, au même moment, devant un bon feu dans sa maison d’Aubise (sur l’autre versant de la vallée) et, effectivement, c’est un bien joli moi de Mai.
La pente reste régulière et ne demande pas d’efforts. Par contre, la tempête Klauss a, ici aussi, fait des dégâts. Des arbres m’obligent à choisir, je passe par-dessus, je passe par-dessous.

Celui-là, j’ai décidé de l’enjamber, j’en avais marre de ramper dans les feuilles mortes mouillées, sac à dos.
La neige commence à tomber quand j’atteins les estives de Peyrenère. L’anecdote me plaît. Il est 11h32 quand je franchis la frontière. Je tombe dans les bras de Julio Aznar (président de l’association jacquaire de Huesca) qui me gratifie d’un “fuerte abrazo “. Fernando Herce (animateur Ondacero) fait des photos avant de sortir du coffre de sa voiture une “Trenza de Almudevar“ (délice de la gastronomie aragonaise) et une bouteille de Cava. Ils sont vraiment trop sympas ces Aragonais.

De gauche à droite, Julio Aznar, Fernando Herce et ma créanciale, (justificatif de mon Chemin français).
Nous nous réfugions dans la cafétéria la plus proche pour y enregistrer l’entrevue. Puis les deux compères repartent vers Huesca.

Je suis, pratiquement, à la moitié de mon parcours. J’en ai terminé avec la France. Le soleil est de retour, la chaleur pourrait bien constituer la plus grosse difficulté des étapes à venir. Viva España !…
Samedi, 16 mai 2009, trente et unième étape.
Canfranc Estacion – Jaca
23,6km, 6h00 de marche.

Salut Jacques, j’ai reconnu le chien. Il est abandonné depuis que son propriétaire, habitant depuis un an au hameau d’Aubise s’est envoyé deux cartouches dans le thorax, il y a quinze jours. La solitude hivernale, de gros problèmes d’argent et une haine de la société actuelle, ont poussé le malheureux quinquagénaire à quitter ce monde. Il est en soins intensifs à l’hopital de Pau pendant que sa famille du pays basque est dans le chaos et que le fidèle ami de l’homme erre en haute vallée d’Aspe. Sans le savoir ton parcours a croisé une bien triste histoire… Quelle joie tu as eu en arrivant en Espagne, super! Buen viaje amigo !
Bises, Vincent
Merci pour ses pathétiques informations.
Le pauvre chien ne va pas faire long feu s’il continue de vagabonder sur la 134.
Bises à toi aussi.
Yo Jacques
Pffffffffff la « Trenza de Almudevar », j’en salive!!!!!!! Et oui j’ai connu ça par toi, quel plaisir cette pâtisserie ;o).
Et bien voilà tu y es, la moitié de ton chemin est presque faite. Tu vois que ça marche bien finalement, Mr l’Inquiet !!!!! J’espère que tu tomberas sur des champs de coquelicots au milieu des blés verts et que tu feras partager ça (en photos pour ceux qui te suivent sur ce blog) comme tu l’as partagé avec moi en réel. Te voilà maintenant de l’autre côté, prends garde au soleil et à la chaleur, tu vas bientôt regretter les « trombes de flotte » et le froid de cet hiver à rallonge en France. Viva España!!!!
See you soon. Take care
J’attendais l’ours (il parait que ça dépasse les 200 000 euros)…, mais je me contenterais des photos toujours superbes, de la dure histoire de Milou et surtout d’un goût partagé pour Diego el Cigala (y Bebo Valdes je suppose).
Adelante!
Pierre
Non, c’était el Cigala solo. Mais j’ai bien sûr « Lagrimas negras » avec Bebo Valdes.
Un fuerte abrazo.